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Travail frontalier : vos droits

Frontaliers en Suisse : assurance-maladie et droit d'option, AVS, 2e pilier, allocations familiales, chômage, télétravail

Pays d'affiliation et règle des 25 %, télétravail jusqu'à moins de 50 % avec attestation A1, assurance-maladie suisse ou droit d'option dans les 3 mois (France, Allemagne, Italie, Autriche), AVS, AI et 2e pilier, assurance-accidents, allocations familiales et complément différentiel, allocation de maternité et de l'autre parent, chômage indemnisé par le pays de résidence et formulaire PD U1, horaire réduit et insolvabilité indemnisés par la Suisse, rentes AVS et AI versées à l'étranger.

Voir ceux qui vous concernent en quelques questions

Assurance-maladie : à conclure en Suisse dans les 3 mois

Votre droit
Une assurance-maladie suisse valable dès le premier jour de votre emploi, pour des soins en Suisse ou dans votre pays
Délai
Dans les 3 mois
Comment l'obtenir
Affiliez-vous dans les 3 mois auprès d'une caisse suisse qui assure les personnes habitant dans votre pays.
Où s'adresser
Une caisse-maladie suisse qui assure les personnes habitant à l'étranger. Toutes les caisses ne le proposent pas. La prime dépend de votre pays de résidence : demandez une offre pour ce pays.

Vous travaillez en Suisse : en principe, vous devez y prendre une assurance-maladie de base. Vous avez 3 mois depuis le début de votre contrat. Si vous respectez ce délai, vous êtes couvert·e depuis le premier jour de travail. Seules certaines caisses suisses assurent les personnes qui habitent à l'étranger. La prime dépend de votre pays de résidence. Votre caisse vous remet une attestation appelée S1. Avec elle, vous vous inscrivez auprès de la caisse d'assurance-maladie de votre lieu de résidence. Vous pouvez alors vous faire soigner en Suisse ou dans votre pays. Les membres de votre famille sans emploi sont en général assurés avec vous, selon leur pays de résidence. Si votre revenu est modeste, demandez une réduction de prime au canton où vous travaillez. L'assurance suisse s'arrête à la fin de votre contrat.

À préparer :

  • Votre contrat de travail, avec la date de début
  • Votre autorisation pour frontaliers (permis G), si vous en avez une
  • L'adresse de votre domicile à l'étranger

Si vous tardez : Après les 3 mois, l'assurance ne commence qu'au jour de l'affiliation, et le canton peut vous affilier d'office. Un supplément de prime s'ajoute si le retard n'est pas excusable. (art. 7 al. 8 OAMal ; art. 5 al. 2 et 6a al. 3 LAMal)

Refus, ou montant trop bas ? Voyez comment contester, et dans quel délai.

Version juridique

Les dispositions suisses régissant l'assurance-maladie obligatoire s'appliquent aux personnes qui ne résident pas en Suisse mais sont soumises à la législation suisse en vertu du titre II du règlement (CE) n° 883/2004, ainsi qu'aux membres de leur famille, sauf si ceux-ci résident au Danemark, en Espagne, en Hongrie, au Portugal, en Suède ou au Royaume-Uni (annexe XI « Suisse » ch. 3 let. a du règlement, reprise à l'annexe II de l'Accord sur la libre circulation des personnes ; art. 1 al. 2 let. d OAMal). Ces personnes doivent s'assurer dans les trois mois suivant la naissance de l'obligation d'assurance en Suisse ; si elles s'assurent dans ce délai, l'assurance débute dès la soumission à l'assurance suisse, sinon à la date de l'affiliation ; l'assurance prend fin lorsque les conditions de soumission ne sont plus remplies (art. 7 al. 8 OAMal). L'assuré et les membres de sa famille tenus de s'assurer sont assurés par le même assureur (art. 4a LAMal). Le canton informe les intéressés, affilie d'office ceux qui n'ont pas donné suite à l'obligation en temps utile et statue sur les demandes d'exception (art. 6a LAMal). Selon l'Office fédéral de la santé publique, l'obligation naît au début du contrat de travail et se termine avec lui ; passé le délai, les traitements restent à la charge de l'intéressé jusqu'à l'affiliation et un supplément de prime est dû si le retard n'est pas excusable (art. 5 al. 2 LAMal) ; près d'un tiers des assureurs proposent cette assurance, avec une prime propre à chaque État ; la réduction des primes des personnes qui travaillent en Suisse et des frontaliers relève du canton. Les personnes assurées en Suisse et domiciliées dans l'UE peuvent en principe se faire soigner dans leur État de domicile ou en Suisse ; elles se font enregistrer auprès de l'institution d'assurance-maladie de leur lieu de résidence au moyen de l'attestation S1 délivrée par l'assureur suisse (mémento 890, p. 57 ; mémento 880, p. 32 ; art. 17 et 18 par. 1 du règlement).

Base légale : annexe II ALCP (annexe XI « Suisse » ch. 3 let. a du règlement (CE) n° 883/2004, RS 0.831.109.268.1), art. 17 et 18 par. 1 du règlement (CE) n° 883/2004, art. 4a, 5 al. 2 et 6a LAMal, art. 1 al. 2 let. d et 7 al. 8 OAMal, Office fédéral de la santé publique, « Assurance-maladie : Travailleurs frontaliers en Suisse » et « Primes et réduction des primes UE/AELE/UK », pages consultées le 12 octobre 2026, OFAS, mémento 890 « La sécurité sociale en Suisse », état au 1er janvier 2026, p. 56 et 57, Centre d'information AVS/AI et OFAS, mémento 880 « Quitter la Suisse », état au 1er janvier 2025, p. 13 et 32

France, Allemagne, Italie, Autriche : vous pouvez choisir l'assurance-maladie de votre pays

Souvent ignoré

Votre droit
Le choix, en principe une seule fois, entre l'assurance-maladie suisse et celle de votre pays de résidence
Délai
Dans les 3 mois
Comment l'obtenir
Déposez une demande d'exemption auprès du canton où vous travaillez, dans les 3 mois après le début du contrat.
Où s'adresser
Le service de l'assurance-maladie du canton où vous travaillez. C'est le canton de votre lieu de travail. La liste des adresses est sur la page de l'Office fédéral de la santé publique.

Vous habitez en France, en Allemagne, en Italie ou en Autriche ? Vous pouvez choisir l'assurance-maladie de votre pays au lieu de l'assurance suisse. Ce choix s'appelle le « droit d'option ». Demandez-le au canton où vous travaillez, dans les 3 mois après le début du contrat. Vous devez prouver que vous êtes assuré·e dans votre pays. Pour la France, un formulaire spécial doit être signé par votre caisse primaire d'assurance-maladie. Ne rien faire ne vaut pas choix : sans demande, c'est l'assurance suisse qui s'applique. Attention : ce choix est en principe définitif tant que vous travaillez en Suisse. Changer d'employeur, ou voir sa prime augmenter, ne permet pas de revenir en arrière. Un nouveau choix s'ouvre seulement dans quelques cas, par exemple une reprise d'emploi en Suisse après le chômage. Le choix vaut aussi pour les membres de votre famille qui vivent dans le même pays. Comparez les deux systèmes avant de décider : ce site ne dit pas lequel vous convient.

À préparer :

  • Une preuve de votre activité en Suisse : contrat de travail ou permis G
  • Une preuve de votre assurance-maladie dans votre pays de résidence
  • Pour la France : le formulaire « Choix du système d'assurance-maladie », visé par votre caisse primaire

Si vous tardez : Sans demande formelle dans le délai, c'est l'assurance suisse qui s'applique. Une demande tardive n'est admise que dans des cas justifiés. (annexe XI « Suisse » ch. 3 let. b du règlement (CE) n° 883/2004 ; Office fédéral de la santé publique, « Travailleurs frontaliers en Suisse »)

Refus, ou montant trop bas ? Voyez comment contester, et dans quel délai.

Version juridique

Les personnes soumises à l'assurance suisse qui résident en Allemagne, en Autriche, en France ou en Italie peuvent, à leur demande, être exemptées de l'assurance obligatoire tant qu'elles y résident et prouvent qu'elles y bénéficient d'une couverture en cas de maladie ; la demande doit être déposée dans les trois mois qui suivent la survenance de l'obligation de s'assurer en Suisse et vaut pour l'ensemble des membres de la famille résidant dans le même État ; déposée après ce délai dans des cas justifiés, elle prend effet dès le début de l'assujettissement (annexe XI « Suisse » ch. 3 let. b du règlement (CE) n° 883/2004, reprise à l'annexe II de l'Accord sur la libre circulation des personnes). L'intéressé doit prouver qu'il est couvert dans l'État de résidence ainsi que lors d'un séjour dans un autre État de l'UE et en Suisse (art. 2 al. 6 OAMal) ; l'autorité désignée par le canton statue (art. 6a al. 3 LAMal). Selon l'Office fédéral de la santé publique, la demande est adressée à l'autorité compétente du canton de travail dans les trois mois qui suivent le début du contrat de travail ; l'exercice tacite du droit d'option n'est pas valable (arrêt du Tribunal fédéral de mars 2015), de sorte que la personne assurée à l'étranger sans demande formelle d'exemption peut encore s'assurer en Suisse, sur attestation du canton ; pour la France, le formulaire « Choix du système d'assurance-maladie », visé par la caisse primaire d'assurance-maladie, est retourné au canton dans le même délai (accord franco-suisse du 7 juillet 2016). Selon l'information de l'OFAS et de l'OFSP relative à cet accord, l'exemption est irrévocable et définitive, sous réserve d'un nouveau fait générateur : prise ou reprise d'activité en Suisse (par exemple après une période de chômage), prise de domicile en France, passage du statut de travailleur à celui de pensionné. Selon l'Institution commune LAMal, le choix vaut aussi longtemps que dure l'activité ininterrompue en Suisse ; ni un changement d'employeur ou de canton, ni l'évolution du revenu ou des primes n'ouvrent un nouveau droit d'option. Les conditions de l'assurance dans l'État de résidence relèvent du droit de cet État.

Base légale : annexe II ALCP (annexe XI « Suisse » ch. 3 let. b du règlement (CE) n° 883/2004, RS 0.831.109.268.1), art. 2 al. 6 OAMal, art. 6a al. 3 LAMal, Office fédéral de la santé publique, « Assurance-maladie : Travailleurs frontaliers en Suisse », page consultée le 12 octobre 2026, OFAS et OFSP, tableau récapitulatif sur l'accord franco-suisse du 7 juillet 2016 (juillet 2017), Institution commune LAMal, fiche « Droit d'option des frontaliers » (octobre 2018)

AVS, AI et 2e pilier : vous cotisez en Suisse, comme vos collègues

Votre droit
Les mêmes droits à l'AVS, à l'AI et au 2e pilier qu'une personne qui habite en Suisse
Comment l'obtenir
Rien à demander : votre employeur vous annonce. Vérifiez vos fiches de salaire et demandez un extrait de votre compte AVS.
Où s'adresser
La caisse de compensation AVS de votre employeur. Votre employeur vous indique sa caisse. Donnez toujours votre numéro AVS.

Vous travaillez en Suisse : vous êtes assuré·e en Suisse, et dans un seul pays. Votre employeur retient vos cotisations sur votre salaire : AVS, AI, perte de gain et chômage. Si vous gagnez plus de 22 680 CHF par an en 2026 chez un même employeur, vous cotisez aussi au 2e pilier. Vous pouvez demander gratuitement un extrait de votre compte AVS. Il montre si votre employeur a bien déclaré vos salaires. Vos cotisations restent en Suisse : elles ne sont pas transférées à votre pays, ni remboursées. Elles vous donneront droit, plus tard, à une rente suisse. Votre conjoint·e sans emploi, qui vit à l'étranger, ne peut pas s'affilier à l'AVS suisse.

À préparer :

  • Votre numéro AVS (sur votre carte d'assurance-maladie suisse ou votre certificat d'assurance AVS)
  • Vos fiches de salaire
  • Votre certificat de prévoyance du 2e pilier

Refus, ou montant trop bas ? Voyez comment contester, et dans quel délai.

Version juridique

La personne qui exerce une activité salariée ou non salariée dans un État est soumise à la législation de cet État, et à celle d'un seul État (art. 11 par. 1 et 3 let. a du règlement (CE) n° 883/2004). Sont assurées à l'AVS les personnes physiques qui exercent en Suisse une activité lucrative (art. 1a al. 1 let. b LAVS) ; elles le sont par là même à l'AI (art. 1b LAI) et, comme salariées, cotisent à l'assurance-chômage (art. 2 al. 1 let. a LACI) ; toutes les personnes qui travaillent en Suisse sont assurées au régime des allocations pour perte de gain (mémento 890, p. 41). La prévoyance professionnelle obligatoire s'applique aux salariés assurés à l'AVS qui ont plus de 17 ans et reçoivent d'un même employeur un salaire annuel supérieur à 22 680 francs en 2026 (art. 2 al. 1 et 5 al. 1 LPP ; mémento 890, p. 46). Les cotisations des salariés sont déduites par l'employeur à chaque paiement du salaire (mémento 890, p. 22). L'assuré peut demander gratuitement un extrait de son compte individuel pour vérifier que l'employeur a décompté les salaires auprès de la caisse (mémento 890, p. 24). Les cotisations restent dans l'assurance qui les a prélevées : elles ne sont ni transférées à l'assurance d'un État de l'UE ou de l'AELE, ni remboursées (mémento 880, p. 16). La personne sans activité lucrative domiciliée à l'étranger dont le conjoint travaille en Suisse comme frontalier ne peut pas adhérer à l'AVS (mémento 880, p. 18).

Base légale : art. 11 par. 1 et 3 let. a du règlement (CE) n° 883/2004 (RS 0.831.109.268.1 ; annexe II ALCP), art. 1a al. 1 let. b LAVS, art. 1b LAI, art. 2 al. 1 let. a LACI, art. 2 al. 1 et 5 al. 1 LPP, OFAS, mémento 890 « La sécurité sociale en Suisse », état au 1er janvier 2026, p. 22, 24, 41 et 46, Centre d'information AVS/AI et OFAS, mémento 880 « Quitter la Suisse », état au 1er janvier 2025, p. 16 et 18

Accident : vous êtes couvert·e par l'assurance de votre employeur suisse

Votre droit
Les prestations de l'assurance-accidents suisse, au travail et, dès 8 heures par semaine, en dehors
Comment l'obtenir
Annoncez tout accident sans attendre à votre employeur, qui le déclare à son assureur-accidents.
Où s'adresser
Votre employeur en Suisse. Adressez-vous au service du personnel. Il transmet vos demandes aux caisses et à l'assureur de l'entreprise.

Votre employeur suisse vous assure d'office contre les accidents du travail. Si vous travaillez au moins 8 heures par semaine chez lui, vous êtes aussi couvert·e pour les accidents hors travail. En dessous de 8 heures, le trajet entre votre domicile et votre travail reste couvert. Vous pouvez vous faire soigner dans votre pays de résidence ou en Suisse. Prévenez tout de suite votre employeur : l'assureur vous remet une attestation pour le médecin ou l'hôpital. Les prestations en argent vous sont versées par l'assureur suisse, où que vous habitiez. Votre employeur paie la prime pour les accidents du travail. La prime pour les accidents hors travail est en général retenue sur votre salaire.

À préparer :

  • La date, l'heure, le lieu et les circonstances de l'accident
  • Les coordonnées du médecin ou de l'hôpital qui vous soigne
  • L'attestation remise par l'assureur-accidents, pour les soins dans votre pays

Refus, ou montant trop bas ? Voyez comment contester, et dans quel délai.

Version juridique

Sont assurés à titre obligatoire les travailleurs occupés en Suisse (art. 1a al. 1 let. a LAA). Les travailleurs à temps partiel occupés chez un employeur au moins huit heures par semaine sont également assurés contre les accidents non professionnels ; en deçà, les accidents subis pendant le trajet entre le domicile et le lieu de travail sont réputés accidents professionnels (art. 13 OLAA). Les primes de l'assurance contre les accidents et maladies professionnels sont à la charge de l'employeur, celles de l'assurance contre les accidents non professionnels à la charge du salarié (mémento 890, p. 70). En cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, la personne qui réside dans un État autre que l'État compétent bénéficie des prestations en nature dans l'État de résidence, servies par l'institution du lieu de résidence pour le compte de l'institution compétente, et peut aussi en bénéficier lors d'un séjour dans l'État compétent (art. 17, 18 par. 1 et 36 par. 1 et 2 du règlement (CE) n° 883/2004) ; les prestations en espèces sont servies par l'institution compétente selon sa législation (art. 21 par. 1 et 36 par. 3 du règlement). Selon le mémento 880 (p. 33 et 38), les frontaliers peuvent se faire soigner dans l'État de résidence ou dans l'État d'assurance ; la victime avise immédiatement l'employeur et l'assureur-accidents, qui délivre une attestation à remettre au fournisseur de soins ; les accidents non professionnels suivent les règles de coordination applicables à la maladie. Lorsque le frontalier a opté pour l'assurance-maladie de son État de résidence, l'assureur-accidents suisse prend à sa charge l'intégralité des coûts de l'accident professionnel, de l'accident sur le chemin du travail et de la maladie professionnelle (annexe XI « Suisse » ch. 4 du règlement).

Base légale : art. 1a al. 1 let. a LAA, art. 13 OLAA, art. 17, 18 par. 1, 21 par. 1 et 36 du règlement (CE) n° 883/2004 (RS 0.831.109.268.1), annexe II ALCP (annexe XI « Suisse » ch. 4 du règlement (CE) n° 883/2004), OFAS, mémento 890 « La sécurité sociale en Suisse », état au 1er janvier 2026, p. 67, 70 et 73, Centre d'information AVS/AI et OFAS, mémento 880 « Quitter la Suisse », état au 1er janvier 2025, p. 33 et 38

Allocations familiales : la Suisse paie, en entier ou en complément

Souvent ignoré

Votre droit
Les allocations familiales suisses pour vos enfants qui vivent dans l'UE ou l'AELE, ou la différence avec celles de votre pays
Comment l'obtenir
Remettez la demande d'allocations familiales à votre employeur suisse, même si l'autre parent en touche déjà dans votre pays.
Où s'adresser
Votre employeur en Suisse. Adressez-vous au service du personnel. Il transmet vos demandes aux caisses et à l'assureur de l'entreprise.

Comme salarié·e en Suisse, vous avez droit aux allocations familiales suisses, même si vos enfants vivent dans l'UE ou l'AELE. En 2026, elles sont d'au moins 215 CHF par mois par enfant, et 268 CHF pour un jeune en formation. Plusieurs cantons versent plus. Quel pays paie en premier ? Si l'autre parent travaille dans le pays où vivent les enfants, ce pays paie d'abord. La Suisse verse alors la différence, si ses allocations sont plus élevées. Ce « complément différentiel » est souvent oublié. Si l'autre parent ne travaille pas, ou si vous élevez seul·e vos enfants, la Suisse paie en premier. Faites la demande auprès de votre employeur suisse. Vous pouvez réclamer jusqu'à 5 ans d'allocations en arrière. Les primes de naissance de certains cantons ne sont pas versées à l'étranger.

À préparer :

  • Le formulaire de demande d'allocations familiales, remis par votre employeur
  • Les actes de naissance ou le livret de famille
  • Si l'autre parent travaille dans votre pays : la preuve des allocations qu'il y reçoit
  • Pour un jeune de plus de 16 ans : une attestation de formation

Refus, ou montant trop bas ? Voyez comment contester, et dans quel délai.

Version juridique

Les salariés au service d'un employeur assujetti ont droit aux allocations familiales ; seules des allocations entières sont versées, à condition que le revenu annuel soumis à l'AVS atteigne la moitié du montant annuel de la rente de vieillesse complète minimale, soit 7 560 francs par année (art. 13 al. 1 et 3 LAFam ; mémento 6.08, ch. 14). L'allocation pour enfant s'élève à 215 francs par mois au minimum et l'allocation de formation à 268 francs par mois au minimum en 2026 (art. 5 al. 1 et 2 LAFam) ; plusieurs cantons prévoient davantage. Pour les enfants domiciliés à l'étranger, les allocations ne sont versées que si une convention internationale le prévoit (art. 4 al. 3 LAFam ; art. 7 al. 1 OAFam) : tel est le cas pour les ressortissants des États de l'UE et de l'AELE dont les enfants vivent dans ces États, qui reçoivent des allocations entières (mémento 6.08, ch. 13 ; art. 67 du règlement (CE) n° 883/2004). L'allocation de naissance et l'allocation d'adoption prévues par certains cantons ne sont pas versées à l'étranger (mémento 6.08, ch. 13). Lorsque des prestations sont prévues par plusieurs États pour le même enfant, les droits ouverts au titre d'une activité lucrative priment ceux ouverts au titre d'une pension, puis ceux ouverts au titre de la résidence ; si deux États doivent des prestations au titre d'une activité lucrative, l'État de résidence des enfants est prioritaire, pourvu qu'une telle activité y soit exercée (art. 68 par. 1 du règlement). L'État non prioritaire suspend ses prestations jusqu'à concurrence du montant prévu par la législation prioritaire et verse, le cas échéant, un complément différentiel pour la partie qui excède ce montant (art. 68 par. 2). La demande présentée à l'institution d'un État non prioritaire est transmise sans délai à l'institution prioritaire et garde sa date (art. 68 par. 3). Selon le mémento 890 (p. 81), lorsque l'un des parents travaille dans l'État où vit l'enfant, ce sont les allocations de cet État qui entrent en ligne de compte, et la différence est versée si la prestation suisse est plus élevée ; la demande est remise à l'employeur, qui la transmet à la caisse de compensation pour allocations familiales. Le droit à des prestations arriérées s'éteint cinq ans après la fin du mois pour lequel elles étaient dues (art. 24 al. 1 LPGA ; art. 1 LAFam).

Base légale : art. 4 al. 3, 5 al. 1 et 2 et 13 al. 1 et 3 LAFam, art. 7 al. 1 OAFam, art. 67 et 68 du règlement (CE) n° 883/2004 (RS 0.831.109.268.1 ; annexe II ALCP), art. 24 al. 1 LPGA, Centre d'information AVS/AI, mémento 6.08 « Allocations familiales », état au 1er janvier 2025, ch. 13 et 14, OFAS, mémento 890 « La sécurité sociale en Suisse », état au 1er janvier 2026, p. 81

Naissance : un congé payé par la Suisse, même si vous habitez à l'étranger

Votre droit
14 semaines d'allocation de maternité, ou 2 semaines pour l'autre parent, à 80 % du revenu
Comment l'obtenir
Demandez l'allocation à la caisse de compensation AVS, par l'intermédiaire de votre employeur suisse.
Où s'adresser
Votre employeur en Suisse. Adressez-vous au service du personnel. Il transmet vos demandes aux caisses et à l'assureur de l'entreprise.

Vous travaillez en Suisse et vous attendez un enfant ? L'allocation de maternité suisse vous est versée même si vous habitez dans l'UE ou l'AELE. Elle dure 14 semaines et vaut 80 % de votre revenu, au plus 220 CHF par jour en 2026. Il faut avoir été assurée à l'AVS les 9 mois avant la naissance, et avoir travaillé au moins 5 mois. Les mois travaillés dans l'UE ou l'AELE comptent aussi. L'autre parent qui travaille en Suisse a droit à 2 semaines, à prendre dans les 6 mois après la naissance. Les conditions et le calcul sont les mêmes. La demande passe par votre employeur suisse. Le parcours « J'attends ou j'ai eu un enfant » de ce site détaille ces droits.

À préparer :

  • L'acte de naissance de l'enfant
  • Le formulaire de demande, à remplir avec votre employeur
  • Si vous avez travaillé dans l'UE ou l'AELE durant les 9 mois : une attestation de ces périodes

Refus, ou montant trop bas ? Voyez comment contester, et dans quel délai.

Version juridique

Ont droit à l'allocation de maternité les femmes qui ont été assurées obligatoirement au sens de la LAVS durant les neuf mois précédant l'accouchement, ont exercé une activité lucrative durant cinq mois au cours de cette période et sont salariées ou indépendantes à la date de l'accouchement (art. 16b al. 1 LAPG). Les périodes d'emploi et d'assurance accomplies dans un État de l'UE ou de l'AELE sont prises en compte (mémento 890, p. 43 ; art. 6 du règlement (CE) n° 883/2004). L'allocation est égale à 80 % du revenu moyen de l'activité lucrative, au plus 220 francs par jour en 2026 (art. 16f al. 1 LAPG ; mémento 890, p. 43) ; le droit s'éteint le 98e jour, ou plus tôt si la mère reprend une activité lucrative (art. 16d al. 1 et 3 LAPG). L'autre parent légal qui a été assuré obligatoirement pendant les neuf mois précédant la naissance et a exercé une activité lucrative durant au moins cinq mois a droit à quatorze indemnités journalières au plus, égales à 80 % du revenu et plafonnées de la même manière, dans un délai-cadre de six mois (art. 16i al. 1, 16j al. 1, 16k al. 2 et 16l LAPG). Les prestations sont également versées en cas de résidence dans un État de l'UE ou de l'AELE (mémento 880, p. 34 ; art. 7 et 21 par. 1 du règlement). La demande est déposée auprès de la caisse de compensation compétente, par l'intermédiaire de l'employeur pour les salariées (mémento 890, p. 43 ; mémento 6.02). Le droit aux allocations non versées s'éteint cinq ans après la fin du droit à l'allocation de maternité, respectivement du délai-cadre de l'autre parent (art. 20 al. 1 let. b et c LAPG). Les prestations de maternité de l'État de résidence relèvent du droit de cet État.

Base légale : art. 16b al. 1, 16d al. 1 et 3 et 16f al. 1 LAPG, art. 16i al. 1, 16j al. 1, 16k al. 2 et 16l LAPG, art. 20 al. 1 let. b et c LAPG, art. 6, 7 et 21 par. 1 du règlement (CE) n° 883/2004 (RS 0.831.109.268.1 ; annexe II ALCP), OFAS, mémento 890 « La sécurité sociale en Suisse », état au 1er janvier 2026, p. 43 et 44, Centre d'information AVS/AI et OFAS, mémento 880 « Quitter la Suisse », état au 1er janvier 2025, p. 34, Centre d'information AVS/AI, mémento 6.02 « Allocation de maternité », état au 1er janvier 2025

Télétravail de 25 % à moins de 50 % : vous pouvez rester assuré·e en Suisse

Souvent ignoré

Votre droit
Le maintien de toutes vos assurances sociales en Suisse, malgré le télétravail depuis votre pays
Comment l'obtenir
Demandez à votre employeur de commander une attestation A1 « télétravail transfrontalier » auprès de sa caisse de compensation AVS.
Où s'adresser
Votre employeur en Suisse. Adressez-vous au service du personnel. Il transmet vos demandes aux caisses et à l'assureur de l'entreprise.

Vous faites une partie de votre travail depuis chez vous, pour votre employeur suisse ? Entre 25 % et moins de 50 % de télétravail, un accord entre pays vous permet de rester assuré·e en Suisse. La France, l'Allemagne, l'Autriche, l'Italie et le Liechtenstein ont signé cet accord. Ce maintien n'est pas automatique. Votre employeur doit demander une attestation appelée A1 à sa caisse AVS. Elle vaut 3 ans au plus et peut être renouvelée. Elle ne couvre que les 3 derniers mois en arrière : n'attendez pas. L'accord ne s'applique pas si vous avez une autre activité dans votre pays, par exemple un second emploi. Il ne s'applique pas non plus aux indépendants.

À préparer :

  • Votre contrat ou l'accord de télétravail, avec le taux prévu
  • Le décompte de vos jours travaillés en Suisse et à domicile
  • L'adresse de votre domicile à l'étranger
Version juridique

La Suisse et certains États de l'UE et de l'AELE ont signé un accord multilatéral qui déroge aux règles ordinaires d'assujettissement depuis le 1er juillet 2023 : la personne qui travaille dans un État pour un employeur qui y a son siège peut effectuer du télétravail transfrontalier depuis son État de résidence jusqu'à 49,9 % de son temps de travail tout en restant soumise aux assurances sociales de l'État du siège de l'employeur, pour autant que les deux États aient signé l'accord (Office fédéral des assurances sociales, « Télétravail », publié le 12 septembre 2025). Selon cette page, les frontaliers occupés par un ou plusieurs employeurs suisses qui télétravaillent depuis l'Allemagne, l'Autriche, la France, l'Italie (depuis le 1er janvier 2024) ou le Liechtenstein peuvent ainsi rester assurés en Suisse. L'accord vise le télétravail compris entre 25 % et 49,9 % du temps de travail ; il ne s'applique ni aux personnes qui exercent habituellement, dans l'État de résidence, une activité autre que du télétravail (visites régulières à des clients, activité accessoire indépendante), ni à celles qui exercent habituellement une activité dans l'UE ou l'AELE en dehors de l'État de résidence et de la Suisse, ni à celles qui travaillent en plus pour un autre employeur situé dans l'UE ou l'AELE, ni aux travailleurs indépendants. L'employeur suisse demande une attestation A1 à sa caisse de compensation AVS au moyen de la plateforme électronique prévue à cet effet (Applicable Legislation Portal Switzerland) ; l'attestation est valable trois ans au plus, renouvelable, et n'est délivrée rétroactivement que jusqu'à trois mois. Le maintien de l'assurance en Suisse intervient sur demande (mémento 890, p. 13). En dessous de 25 %, les règles et procédures ordinaires s'appliquent : voir le droit consacré à l'activité dans plusieurs États. La liste à jour des États signataires est accessible depuis la page de l'OFAS.

Base légale : Office fédéral des assurances sociales, « Télétravail » (coordination des assurances sociales), publié le 12 septembre 2025, page consultée le 12 octobre 2026, OFAS, mémento 890 « La sécurité sociale en Suisse », état au 1er janvier 2026, p. 13, art. 13 par. 1 du règlement (CE) n° 883/2004 (règle ordinaire à laquelle l'accord déroge)

Travail dans plusieurs pays : un seul pays vous assure, selon la règle des 25 %

Votre droit
Une seule affiliation pour toutes vos activités, et une attestation A1 qui dit dans quel pays
Comment l'obtenir
Annoncez vos activités à l'organisme de sécurité sociale de votre pays de résidence et demandez-lui l'attestation A1.
Où s'adresser
L'organisme de sécurité sociale de votre pays de résidence. Ce site ne traite pas des services de votre pays : demandez à votre caisse de sécurité sociale ou de retraite.

Vous travaillez en Suisse et aussi dans un autre pays ? Vous n'êtes assuré·e que dans un seul pays, pour toutes vos activités. Si vous faites au moins 25 % de votre travail dans votre pays de résidence, c'est en principe ce pays. En dessous de 25 %, c'est en principe le pays où votre employeur a son siège. Avec plusieurs employeurs dans des pays différents, ou une activité indépendante en plus, d'autres règles s'appliquent. C'est l'organisme de sécurité sociale de votre pays de résidence qui tranche. Annoncez-lui vos activités : il délivre une attestation appelée A1. Elle indique le pays où toutes vos cotisations doivent être payées. Prévenez aussi votre employeur suisse, car il est concerné.

À préparer :

  • Vos contrats de travail, avec le lieu de travail et le taux d'activité
  • Le siège de chaque employeur
  • Une estimation de votre temps de travail et de votre salaire dans chaque pays, pour les 12 mois à venir
Version juridique

Les personnes auxquelles le règlement (CE) n° 883/2004 s'applique ne sont soumises qu'à la législation d'un seul État (art. 11 par. 1). La personne qui exerce normalement une activité salariée dans deux ou plusieurs États est soumise à la législation de l'État de résidence si elle y exerce une partie substantielle de son activité ; sinon, à celle de l'État où l'employeur a son siège, ou les employeurs lorsqu'ils n'ont leur siège que dans un seul État (art. 13 par. 1 let. a et let. b ch. i et ii). Si elle est salariée par des employeurs établis dans deux États dont l'un est l'État de résidence, elle relève de l'autre État ; si deux au moins de ses employeurs ont leur siège dans des États différents autres que l'État de résidence, elle relève de l'État de résidence (art. 13 par. 1 let. b ch. iii et iv). La personne qui exerce une activité salariée et une activité non salariée dans des États différents relève de l'État de l'activité salariée (art. 13 par. 3). Elle est traitée comme si elle exerçait l'ensemble de ses activités et percevait la totalité de ses revenus dans l'État ainsi désigné (art. 13 par. 5). Pour une activité salariée, une part inférieure à 25 % du temps de travail ou de la rémunération indique qu'une partie substantielle de l'activité n'est pas exercée dans l'État concerné ; la situation prévue pour les douze mois civils à venir est prise en compte (art. 14 par. 8 et 10 du règlement (CE) n° 987/2009). L'intéressé informe l'institution désignée de l'État de résidence, qui détermine la législation applicable (art. 16 par. 1 et 2 du règlement (CE) n° 987/2009) ; selon le SECO, il doit requérir un formulaire A1 auprès de l'autorité compétente de son pays de domicile. Ces règles s'appliquent aux ressortissants de la Suisse et des États de l'UE ou de l'AELE (mémento 890, p. 11 à 13). Selon l'Office fédéral des assurances sociales, le télétravail transfrontalier inférieur à 25 % reste sans effet sur les assurances sociales ; entre 25 % et 49,9 %, voir le droit consacré au télétravail.

Base légale : art. 11 par. 1 et 13 par. 1, 3 et 5 du règlement (CE) n° 883/2004 (RS 0.831.109.268.1 ; annexe II ALCP), art. 14 par. 8 et 10 et 16 par. 1 et 2 du règlement (CE) n° 987/2009 (RS 0.831.109.268.11), OFAS, mémento 890 « La sécurité sociale en Suisse », état au 1er janvier 2026, p. 11 à 13, SECO, travail.swiss, « EURES : mobilité professionnelle dans l'UE/AELE », rubrique « Personnes frontalières », page consultée le 12 octobre 2026, Office fédéral des assurances sociales, « Télétravail », publié le 12 septembre 2025

Emploi perdu : inscrivez-vous au chômage dans votre pays de résidence

Votre droit
Les indemnités de chômage de votre pays de résidence, qui tient compte de votre emploi et de votre salaire en Suisse
Comment l'obtenir
Inscrivez-vous sans attendre auprès du service de l'emploi de votre pays, et demandez le formulaire PD U1 à une caisse de chômage suisse.
Où s'adresser
Le service public de l'emploi de votre pays de résidence. Ses règles et ses délais dépendent de votre pays : ce site ne les traite pas.

Vous perdez votre emploi en Suisse et vous habitez dans l'UE ou l'AELE ? C'est votre pays de résidence qui vous indemnise, selon ses propres règles. Inscrivez-vous sans attendre auprès de son service de l'emploi. La Suisse ne vous verse pas d'indemnités de chômage, même si vous y avez cotisé. Votre pays tient compte de vos périodes de travail et de votre salaire en Suisse. Pour les prouver, demandez le formulaire PD U1 à une caisse de chômage suisse. Joignez une copie de votre pièce d'identité. Votre assurance-maladie suisse s'arrête avec votre contrat : annoncez-vous à l'assurance-maladie de votre pays. Les délais, le montant et la durée dépendent de votre pays : ce site ne les traite pas.

À préparer :

  • Le formulaire « Demande d'établissement d'un PD U1 » (site travail.swiss)
  • Une copie de votre passeport ou de votre carte d'identité
  • L'attestation de votre employeur suisse pour les périodes travaillées
  • Votre lettre de licenciement, votre contrat et vos dernières fiches de salaire

Refus, ou montant trop bas ? Voyez comment contester, et dans quel délai.

Version juridique

La personne en chômage complet qui, au cours de sa dernière activité, résidait dans un État autre que l'État compétent et continue d'y résider se met à la disposition des services de l'emploi de l'État de résidence, s'y inscrit comme demandeur d'emploi et se soumet au contrôle qui y est organisé (art. 65 par. 2 et 3 du règlement (CE) n° 883/2004). Elle bénéficie des prestations selon la législation de l'État de résidence, comme si elle y avait été soumise au cours de sa dernière activité ; ces prestations sont servies par l'institution du lieu de résidence (art. 65 par. 5 let. a), qui prend en compte le salaire perçu dans l'État du dernier emploi (art. 62 par. 3) et, dans la mesure nécessaire, les périodes d'assurance et d'emploi qui y ont été accomplies (art. 61 par. 1). Elle peut, à titre complémentaire, se mettre à la disposition des services de l'emploi de l'État du dernier emploi (art. 65 par. 2). En droit suisse, le droit à l'indemnité de chômage suppose le domicile en Suisse (art. 8 al. 1 let. c LACI) ; selon le SECO, la personne domiciliée à l'étranger qui a travaillé en Suisse est en principe indemnisée par le pays de résidence selon son droit national. Les périodes accomplies en Suisse sont attestées par le formulaire PD U1, délivré en Suisse par une caisse de chômage sur présentation du formulaire « Demande d'établissement d'un PD U1 » et de la copie d'une pièce d'identité ; à défaut de formulaire, les organismes échangent les informations nécessaires par voie électronique (SECO, travail.swiss ; notice de l'Union européenne sur le formulaire U1). La personne qui bénéficie des prestations de chômage de l'État de résidence est soumise à la législation de cet État (art. 11 par. 3 let. c du règlement) ; selon l'Office fédéral de la santé publique, l'obligation de s'assurer en Suisse pour les soins se termine en même temps que le contrat de travail. Les conditions, le montant et la durée des indemnités relèvent du droit de l'État de résidence.

Base légale : art. 11 par. 3 let. c, 61 par. 1, 62 par. 3 et 65 par. 2, 3 et 5 du règlement (CE) n° 883/2004 (RS 0.831.109.268.1 ; annexe II ALCP), art. 8 al. 1 let. c LACI, SECO, travail.swiss, « FAQ sur l'indemnité de chômage » et « Retour en Suisse, dans l'UE/AELE ou dans un État tiers » (formulaire PD U1), pages consultées le 12 octobre 2026, SECO, formulaire 716.053 « Demande d'établissement d'un PD U1 » et notice « U1 : informations concernant le formulaire U1 et son utilisation », OFAS, mémento 890 « La sécurité sociale en Suisse », état au 1er janvier 2026, p. 78, Office fédéral de la santé publique, « Assurance-maladie : Travailleurs frontaliers en Suisse »

Horaire réduit, intempéries, faillite de l'employeur : la Suisse vous indemnise

Votre droit
Les indemnités suisses pour horaire réduit, intempéries ou salaires impayés, comme si vous habitiez en Suisse
Comment l'obtenir
Pour l'horaire réduit et les intempéries, votre employeur fait la demande. En cas de faillite, écrivez vous-même à la caisse de chômage dans les 60 jours.
Où s'adresser
Une caisse de chômage suisse. La liste des caisses est sur le site travail.swiss. Pour une faillite, adressez-vous à la caisse publique du canton où la faillite est ouverte.

Votre entreprise réduit les horaires, ou le chantier s'arrête à cause du mauvais temps ? Vous gardez votre emploi, et c'est l'assurance-chômage suisse qui vous indemnise. Vous êtes traité·e comme une personne qui habite en Suisse. Votre employeur fait les démarches : vous n'avez rien à demander vous-même. Votre employeur suisse est en faillite et vous doit des salaires ? L'assurance suisse peut aussi les couvrir. Cette fois, c'est à vous d'agir : écrivez à la caisse publique de chômage dans les 60 jours après la publication de la faillite. Passé ce délai, le droit est perdu.

À préparer :

  • En cas de faillite : votre contrat et vos fiches de salaire
  • Le décompte des salaires que l'employeur vous doit
  • La date de publication de la faillite

Refus, ou montant trop bas ? Voyez comment contester, et dans quel délai.

Version juridique

La personne en chômage partiel ou intermittent qui résidait, au cours de sa dernière activité, dans un État autre que l'État compétent se met à la disposition de son employeur ou des services de l'emploi de l'État compétent et bénéficie des prestations selon la législation de cet État, comme si elle y résidait (art. 65 par. 1 du règlement (CE) n° 883/2004). En Suisse, les frontaliers bénéficient ainsi des prestations de l'assurance suisse en cas de réduction de l'horaire de travail, de suspension du travail due à des intempéries et d'insolvabilité de l'employeur (mémento 890, p. 78). L'indemnité en cas de réduction de l'horaire de travail est due aux travailleurs tenus de cotiser à l'assurance dont le congé n'a pas été donné, lorsque la réduction est vraisemblablement temporaire et permet de maintenir les emplois (art. 31 al. 1 LACI) ; l'employeur annonce la réduction à l'avance (art. 36 al. 1 LACI). L'indemnité en cas d'intempéries est due dans les branches désignées par le Conseil fédéral (art. 42 al. 1 et 2 LACI). L'indemnité en cas d'insolvabilité couvre des créances de salaire envers un employeur insolvable (art. 51 al. 1 LACI) ; le travailleur présente sa demande à la caisse publique compétente dans un délai de soixante jours à compter de la publication de la faillite dans la Feuille officielle suisse du commerce, ou de l'exécution de la saisie, faute de quoi le droit s'éteint (art. 53 al. 1 à 3 LACI).

Base légale : art. 65 par. 1 du règlement (CE) n° 883/2004 (RS 0.831.109.268.1 ; annexe II ALCP), art. 31 al. 1 et 36 al. 1 LACI, art. 42 al. 1 et 2 LACI, art. 51 al. 1 et 53 al. 1 à 3 LACI, OFAS, mémento 890 « La sécurité sociale en Suisse », état au 1er janvier 2026, p. 78

Retraite : chaque pays où vous avez cotisé vous verse sa rente

Votre droit
Une rente AVS suisse versée dans votre pays de résidence, en plus de la rente de ce pays
Comment l'obtenir
Déposez votre demande auprès de la caisse de retraite de votre pays de résidence, en indiquant vos années de travail en Suisse.
Où s'adresser
L'organisme de sécurité sociale de votre pays de résidence. Ce site ne traite pas des services de votre pays : demandez à votre caisse de sécurité sociale ou de retraite.

Vos années de cotisation en Suisse vous donnent droit à une rente AVS suisse, dès une année de cotisation. Elle vous est versée dans votre pays de résidence, dans l'UE ou l'AELE. Chaque pays où vous avez cotisé au moins un an vous verse sa propre rente. Vos cotisations suisses ne sont pas transférées à votre pays. La rente suisse est calculée sur vos seules années en Suisse : elle est donc partielle si vous avez aussi travaillé ailleurs. Chaque pays applique son âge de la retraite : les rentes peuvent commencer à des dates différentes. En Suisse, c'est 65 ans, et 64 ans et 6 mois pour les femmes en 2026. Déposez votre demande auprès de la caisse de retraite de votre pays : elle la transmet à la Suisse. Faites-le 3 à 4 mois avant l'âge de la retraite. Pour le 2e pilier, écrivez directement à votre caisse de pension suisse : elle verse aussi à l'étranger.

À préparer :

  • Votre numéro AVS suisse
  • La liste de vos employeurs en Suisse, avec les années
  • Vos certificats de prévoyance, pour le 2e pilier

Refus, ou montant trop bas ? Voyez comment contester, et dans quel délai.

Version juridique

Peuvent prétendre à une rente ordinaire de vieillesse les ayants droit auxquels il est possible de porter en compte au moins une année entière de revenus ou de bonifications (art. 29 al. 1 LAVS). Les étrangers n'ont droit à une rente qu'aussi longtemps qu'ils ont leur domicile et leur résidence habituelle en Suisse, sous réserve des conventions internationales (art. 18 al. 2 LAVS) ; en vertu de l'Accord sur la libre circulation des personnes et de la Convention AELE, la rente de vieillesse de l'AVS est aussi versée aux ayants droit qui résident dans un État de l'UE ou de l'AELE (mémento 880, p. 20 ; art. 7 du règlement (CE) n° 883/2004). La personne qui a cotisé dans plusieurs États a droit à une rente de chacun d'eux, pourvu qu'elle y compte la durée minimale d'assurance, qui est d'une année au moins ; pour ouvrir le droit, chaque État tient compte, au besoin, des périodes accomplies dans les autres (mémento 880, p. 20 ; art. 6 du règlement). Les cotisations ne sont ni transférées d'un État à l'autre ni remboursées (mémento 880, p. 16 et 20) ; les périodes de cotisation étrangères ne sont pas prises en compte dans l'assurance suisse, et une année de cotisation manquante réduit la rente de 1/44 (mémento 890, p. 28). En 2026, l'âge de référence est de 65 ans pour les hommes et de 64 ans et 6 mois pour les femmes ; il sera de 65 ans pour tous à partir de 2028 (mémento 890, p. 27) ; l'âge de la retraite variant selon les États, les droits peuvent prendre naissance à des moments différents (mémento 880, p. 20). La demande est adressée à l'institution du lieu de résidence ou à celle du dernier État dont la législation était applicable ; si l'intéressé n'a jamais été soumis à la législation de l'État de résidence, l'institution de cet État transmet la demande ; la date d'introduction vaut à l'égard de toutes les institutions concernées (art. 45 par. 4 et 5 du règlement (CE) n° 987/2009 ; mémento 880, p. 26). Il est recommandé de déposer la demande trois à quatre mois avant l'âge de référence (mémento 890, p. 27). Les ayants droit qui habitent à l'étranger reçoivent leur rente de la Caisse suisse de compensation (art. 123 al. 1 RAVS). Les prestations de la prévoyance professionnelle sont versées indépendamment du lieu de résidence ; la demande est adressée directement à l'institution de prévoyance, et la Centrale du 2e pilier aide à retrouver les avoirs (mémento 880, p. 28).

Base légale : art. 18 al. 2 et 29 al. 1 LAVS, art. 123 al. 1 RAVS, art. 6 et 7 du règlement (CE) n° 883/2004 (RS 0.831.109.268.1 ; annexe II ALCP), art. 45 par. 4 et 5 du règlement (CE) n° 987/2009 (RS 0.831.109.268.11), Centre d'information AVS/AI et OFAS, mémento 880 « Quitter la Suisse », état au 1er janvier 2025, p. 16, 20, 26 et 28, OFAS, mémento 890 « La sécurité sociale en Suisse », état au 1er janvier 2026, p. 27 et 28

Invalidité : une demande à l'office AI du canton de travail, ou dans votre pays

Votre droit
L'examen de votre droit aux prestations de l'AI suisse, dont une rente versée aussi dans l'UE ou l'AELE
Comment l'obtenir
Déposez la demande à l'office AI du canton où vous travaillez, ou auprès de l'organisme de votre pays de résidence, qui la transmet.
Où s'adresser
L'office AI du canton où vous travaillez. La décision vous sera envoyée par l'office AI pour les assurés résidant à l'étranger.

Un problème de santé vous empêche durablement de travailler ? Vous pouvez demander les prestations de l'assurance-invalidité suisse (AI). Si vous êtes frontalier ou frontalière, l'office AI du canton où vous travaillez examine votre demande. Vous pouvez aussi la déposer auprès de l'organisme de votre pays de résidence, qui la transmet. Ne tardez pas : la rente est versée au plus tôt 6 mois après le dépôt de la demande. Il faut en principe 3 années de cotisation en Suisse. Avec une année en Suisse au moins, vos années dans l'UE ou l'AELE peuvent compléter. Chaque pays évalue l'invalidité à sa manière : vous pouvez recevoir une rente partielle de plusieurs pays. La rente AI suisse est versée dans l'UE et l'AELE. Les mesures pour vous aider à retravailler sont menées surtout en Suisse.

À préparer :

  • Le formulaire de demande de prestations de l'AI pour adultes
  • Vos certificats médicaux et le nom de vos médecins
  • Votre numéro AVS et la liste de vos employeurs en Suisse
  • Les décisions déjà reçues dans votre pays de résidence, s'il y en a

Refus, ou montant trop bas ? Voyez comment contester, et dans quel délai.

Version juridique

L'office AI du secteur d'activité dans lequel le frontalier exerce une activité lucrative est compétent pour enregistrer et examiner sa demande ; cette règle vaut aussi pour l'ancien frontalier dont le domicile habituel se trouve encore dans la zone frontière au moment du dépôt de la demande et dont l'atteinte à la santé remonte à l'époque de son activité de frontalier ; les décisions sont notifiées par l'office AI pour les assurés résidant à l'étranger, compétent pour les autres assurés domiciliés à l'étranger (art. 40 al. 1 let. b et al. 2 RAI). En cas de résidence dans un État de l'UE ou de l'AELE, la demande peut aussi être déposée auprès de l'institution d'assurance de l'État de résidence, qui la transmet (mémento 880, p. 26 ; art. 45 du règlement (CE) n° 987/2009) ; la demande introduite auprès d'une institution d'un autre État est recevable et garde sa date (art. 81 du règlement (CE) n° 883/2004). A droit à une rente ordinaire l'assuré qui compte trois années au moins de cotisations lors de la survenance de l'invalidité (art. 36 al. 1 LAI) ; les périodes de cotisation accomplies dans un État de l'UE ou de l'AELE peuvent être prises en compte pour les ressortissants de ces États s'ils ont cotisé au moins une année à l'assurance suisse (mémento 890, p. 35). Le droit à la rente prend naissance au plus tôt après une année d'incapacité de travail de 40 % au moins en moyenne, et la rente est versée au plus tôt à l'échéance d'une période de six mois à partir du dépôt de la demande (mémento 890, p. 35). Chaque État évalue le taux d'invalidité selon sa propre législation, et celui qui a cotisé dans plusieurs États peut recevoir de chacun une rente partielle (mémento 880, p. 25). Les rentes de l'AI sont versées aux ayants droit qui résident dans un État de l'UE ou de l'AELE (mémento 880, p. 26). Les mesures de réadaptation sont appliquées en Suisse et, exceptionnellement, à l'étranger (art. 9 al. 1 LAI) ; la personne qui a dû cesser son activité lucrative en Suisse à la suite d'un accident ou d'une maladie est considérée comme couverte pour l'octroi de ces mesures jusqu'au paiement d'une rente, à condition de ne pas avoir repris une nouvelle activité hors de Suisse (annexe XI « Suisse » ch. 8 du règlement, reprise à l'annexe II de l'Accord sur la libre circulation des personnes).

Base légale : art. 40 al. 1 let. b et al. 2 RAI, art. 9 al. 1 et 36 al. 1 LAI, art. 81 du règlement (CE) n° 883/2004 et art. 45 du règlement (CE) n° 987/2009 (RS 0.831.109.268.1 et 0.831.109.268.11), annexe II ALCP (annexe XI « Suisse » ch. 8 du règlement (CE) n° 883/2004), Centre d'information AVS/AI et OFAS, mémento 880 « Quitter la Suisse », état au 1er janvier 2025, p. 25 et 26, OFAS, mémento 890 « La sécurité sociale en Suisse », état au 1er janvier 2026, p. 35

Ces informations expliquent les règles suisses pour les personnes qui travaillent en Suisse et habitent dans l'UE ou l'AELE. Elles valent pour les personnes de nationalité suisse, ou d'un pays de l'UE ou de l'AELE. Les règles de votre pays de résidence ne sont pas traitées : renseignez-vous auprès de ses services. Les impôts et le permis de travail ne sont pas traités non plus. Contenu vérifié le contre les textes officiels (notre méthode).