Séparation ou divorce : vos droits
Séparation et divorce en Suisse : AVS, 2e pilier, allocations familiales, pension impayée
Partage du 2e pilier, partage des revenus AVS, allocations familiales, pension alimentaire impayée, subsides : ce qui change pour vos assurances sociales, et les démarches à faire.
Voir ceux qui vous concernent en quelques questions
2e pilier : le partage par moitié au divorce
- Votre droit
- En principe, la moitié des avoirs de 2e pilier que votre conjoint a acquis pendant le mariage, et inversement
- Comment l'obtenir
- Demandez à chaque caisse de pension une attestation de vos avoirs au jour du mariage et au jour de la demande en divorce.
- Où s'adresser
- Votre caisse de pension (2e pilier). L'adresse figure sur votre certificat de prévoyance. Pour retrouver un avoir oublié : la Centrale du 2e pilier.
Pendant le mariage, chaque époux a épargné dans son 2e pilier. Au divorce, ce qui a été épargné pendant le mariage est partagé par moitié. Les comptes de libre passage et les retraits pour un logement comptent aussi. Le calcul s'arrête au jour du dépôt de la demande en divorce. Un rachat payé avec un héritage ou une donation n'est pas partagé. On ne peut renoncer à la moitié que si une prévoyance suffisante reste assurée. Le juge le vérifie. Le juge peut aussi s'écarter de la moitié pour de justes motifs. Si l'un touche déjà une rente de vieillesse, ou une rente d'invalidité après l'âge de la retraite, le juge fixe le partage autrement.
À préparer :
- Certificats de prévoyance de toutes vos caisses de pension
- Relevés de vos comptes ou polices de libre passage
- Date du mariage et date du dépôt de la demande en divorce
- Justificatifs d'un éventuel retrait pour un logement
Version juridique
Les prétentions de prévoyance professionnelle acquises durant le mariage et jusqu'à l'introduction de la procédure de divorce sont partagées. Les prestations de sortie, y compris les avoirs de libre passage et les versements anticipés pour le logement, sont partagées par moitié. Les époux ne peuvent s'en écarter par convention que si une prévoyance vieillesse et invalidité adéquate reste assurée, ce que le tribunal vérifie d'office. Les versements uniques issus de biens propres de par la loi ne sont pas partagés. Le juge attribue moins de la moitié de la prestation de sortie, ou n'en attribue aucune, pour de justes motifs ; il peut en attribuer plus de la moitié au conjoint qui prend en charge des enfants communs après le divorce, si l'autre conserve une prévoyance adéquate. Si un époux perçoit une rente d'invalidité avant l'âge de référence réglementaire, la prestation de sortie à laquelle il aurait droit en cas de suppression de sa rente est partagée. Si, à l'introduction de la procédure, un époux perçoit déjà une rente de vieillesse, ou une rente d'invalidité alors qu'il a atteint l'âge de référence réglementaire, le juge apprécie les modalités du partage.
Base légale : art. 122 à 124e CC, art. 22 et 22a LFLP, art. 280 CPC
AVS : demandez le partage des revenus (splitting)
- Votre droit
- La moitié des revenus AVS du couple pendant les années de mariage, inscrite sur votre compte
- Comment l'obtenir
- Après le divorce, demandez le splitting à une caisse de compensation qui tient votre compte AVS, si possible avec votre ex-conjoint.
- Où s'adresser
- Une caisse de compensation AVS. N'importe quelle caisse qui a encaissé vos cotisations AVS. La liste des caisses est sur avs-ai.ch.
Les revenus des deux époux pendant le mariage sont additionnés, puis partagés par moitié. Seules comptent les années civiles complètes de mariage. L'année du mariage et celle du divorce ne sont pas partagées. Vous pouvez le demander seul·e, mais une demande commune va plus vite. Si l'un de vous touche déjà une rente, adressez-vous à la caisse qui la verse. Sans demande, la caisse le fera au plus tard au calcul de la rente. Le faire tout de suite évite des retards au moment de la rente.
À préparer :
- Formulaire de demande de partage des revenus (caisse de compensation ou avs-ai.ch)
- Copie du jugement de divorce
- Numéros AVS des deux ex-époux
Version juridique
Les revenus réalisés par les époux pendant les années civiles de mariage commun durant lesquelles les deux étaient assurés à l'AVS sont répartis par moitié ; le partage est effectué notamment lors du divorce. Les revenus de l'année du mariage et de celle du divorce ne sont pas partagés. Chaque ex-conjoint peut demander le partage séparément, auprès de toute caisse qui tient un compte individuel ; si l'un des ex-conjoints perçoit déjà une rente, la procédure relève de la caisse qui verse cette rente. À défaut de demande, les caisses y procèdent au plus tard lors du calcul de la rente. Il n'y a pas de splitting en cas de simple séparation.
Base légale : art. 29quinquies al. 3 à 5 LAVS, art. 50b à 50g RAVS, mémento AVS/AI 1.02
Bonifications AVS pour les enfants : qui les reçoit ?
- Votre droit
- Des bonifications pour tâches éducatives qui augmentent votre future rente AVS
- Comment l'obtenir
- Vérifiez que le jugement ou la convention règle leur attribution. Gardez ce document jusqu'à la retraite.
- Où s'adresser
- Le tribunal ou l'autorité de protection de l'enfant
Pour chaque année avec un ou plusieurs enfants de moins de 16 ans, l'AVS compte un revenu fictif au parent qui a l'autorité parentale. Ce revenu est compté seulement au moment de calculer la rente. Il n'y a qu'une bonification par année, quel que soit le nombre d'enfants. Pendant le mariage, il est partagé par moitié. Avec l'autorité parentale conjointe, le juge ou l'autorité de protection de l'enfant l'attribue au parent qui s'occupe le plus des enfants. Il est partagé si la prise en charge est égale. Tant que rien n'est réglé, il va entièrement à la mère. Les parents peuvent ensuite convenir par écrit d'une autre répartition. Tout changement vaut dès le 1er janvier suivant. Ces documents se remettent à la caisse avec la demande de rente.
À préparer :
- Le jugement ou la décision qui règle l'autorité parentale et la garde
- Toute convention écrite sur les bonifications (à garder jusqu'à la retraite)
Version juridique
Une bonification pour tâches éducatives est prise en compte pour chaque année durant laquelle l'assuré exerce l'autorité parentale sur un enfant de moins de 16 ans ; pendant le mariage, elle est partagée par moitié. Pour les parents divorcés ou non mariés exerçant conjointement l'autorité parentale, le tribunal ou l'autorité de protection de l'enfant l'attribue au parent qui assume la plus grande partie de la prise en charge, ou la partage par moitié en cas de prise en charge égale ; tant que l'attribution n'est pas réglée, la bonification est imputée en totalité à la mère. Les parents peuvent en tout temps convenir par écrit d'une autre attribution pour l'avenir ; toute modification prend effet le 1er janvier suivant. Si un seul parent détient l'autorité parentale, la bonification lui revient en entier. Pour l'année de la dissolution du mariage, la bonification est octroyée au parent auquel l'autorité parentale a été attribuée. Les bonifications ne sont pas cumulées par année civile, quel que soit le nombre d'enfants ; elles ne sont prises en compte qu'au moment du calcul de la rente.
Base légale : art. 29sexies LAVS, art. 52f et 52fbis RAVS, mémento AVS/AI 1.07
Sans activité payée : vos cotisations AVS
- Votre droit
- Une rente AVS sans années de cotisation manquantes
- Délai
- Dans les 5 ans
- Comment l'obtenir
- Si vous ne travaillez pas ou peu, annoncez-vous à la caisse de compensation de votre canton.
- Où s'adresser
- La caisse de compensation de votre canton. C'est la caisse du canton où vous habitez.
Une année sans cotisations peut réduire votre future rente AVS. Une année oubliée se rattrape pendant 5 ans seulement, comptés dès la fin de cette année. Tant que vous êtes marié·e, vos cotisations sont couvertes si votre conjoint travaille et cotise assez. En 2026, il doit payer au moins 1 060 CHF par an à l'AVS, à l'AI et aux APG. Après le divorce, en principe dès l'année suivante, vous devez cotiser vous-même. La cotisation dépend de votre fortune et de vos revenus, pension pour vous-même comprise. Le minimum est de 530 CHF par an en 2026, pour l'AVS, l'AI et les APG ensemble. Travaillez-vous à temps partiel ? Demandez à la caisse si vous devez cotiser en plus.
À préparer :
- Jugement de divorce
- Dernière taxation fiscale (fortune)
- Montant de la pension reçue pour vous-même
Version juridique
Le conjoint sans activité lucrative est réputé avoir payé des cotisations si l'autre conjoint exerce une activité lucrative, est considéré comme actif au sens de l'AVS et a versé au moins le double de la cotisation minimale (1 060 CHF de cotisations AVS/AI/APG en 2026), y compris l'année civile du divorce. Après le divorce, la personne sans activité lucrative doit cotiser elle-même, sur la base de sa fortune et de son revenu sous forme de rente, y compris les contributions d'entretien reçues pour elle-même ; la cotisation minimale AVS/AI/APG est de 530 CHF par an en 2026 (dont 435 CHF pour l'AVS). Si elle n'est pas encore affiliée, elle doit s'annoncer à la caisse de compensation de son canton de domicile. Les cotisations dont le montant n'a pas été fixé par décision dans les cinq ans dès la fin de l'année civile pour laquelle elles sont dues ne peuvent plus être exigées ni versées.
Base légale : art. 3 al. 1bis, 3 et 4 LAVS, art. 10 LAVS, art. 16 al. 1 LAVS, art. 28 et 28bis RAVS, mémento AVS/AI 2.03
Allocations familiales : qui les touche après la séparation ?
- Votre droit
- Une allocation par enfant : au moins 215 CHF par mois en 2026, et 268 CHF pendant une formation
- Comment l'obtenir
- Vérifiez quel parent les demande. Si l'autre parent les touche sans les reverser, demandez qu'elles vous soient versées directement.
- Où s'adresser
- La caisse d'allocations familiales. C'est la caisse de l'employeur du parent qui touche les allocations. Sans emploi : la caisse de votre canton, si votre revenu est modeste et que vous ne touchez pas de PC.
Un seul parent reçoit les allocations pour un enfant. La loi fixe l'ordre : d'abord le parent qui travaille. Si les deux travaillent, c'est celui qui a l'autorité parentale. Si elle est commune, c'est celui chez qui l'enfant vit le plus souvent. Le parent qui paie une pension pour l'enfant doit reverser les allocations en plus de la pension. Si elles ne servent pas à l'enfant, vous pouvez demander qu'elles vous soient versées directement. L'office de recouvrement des pensions vous aide à préparer cette demande. Si vous travaillez dans un autre canton que l'autre parent, vous pouvez parfois toucher la différence.
À préparer :
- Le jugement ou la convention qui fixe l'autorité parentale, la garde et la pension
- Le nom et l'employeur de l'autre parent, si vous les connaissez
Demande de versement direct des allocations familiales
[Prénom Nom] [Adresse] [Numéro AVS] [Nom et adresse de la caisse d'allocations familiales] [Lieu], le [date] Demande de versement direct des allocations familiales Madame, Monsieur, [Prénom et nom de l'autre parent], employé·e par [nom de l'employeur, si vous le connaissez], reçoit les allocations familiales pour [prénom, nom et date de naissance de l'enfant]. Ces allocations ne sont pas utilisées en faveur de l'enfant : [expliquez en quelques phrases, par exemple : elles ne me sont pas reversées alors que l'enfant vit chez moi]. Je vous demande de me les verser directement, conformément à l'art. 9 al. 1 LAFam, sur le compte [IBAN, au nom de …]. Annexes : [copie du jugement ou de la convention, autres pièces] Veuillez agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées. [Signature]
Version juridique
Un seul ayant droit par enfant. En cas de concours, le droit revient d'abord à la personne qui exerce une activité lucrative, puis à celle qui détient l'autorité parentale, puis à celle chez qui l'enfant vit la plupart du temps, puis selon le régime du canton de domicile de l'enfant et le revenu. Le parent tenu de verser une contribution d'entretien pour l'enfant doit verser les allocations familiales en sus. Si elles ne sont pas utilisées en faveur de l'enfant, celui-ci ou son représentant légal peut demander qu'elles lui soient versées directement ; l'office d'aide au recouvrement soutient la préparation de cette demande. Lorsque les allocations des deux ayants droit relèvent de deux cantons différents, le second a droit au versement de la différence si le taux minimal légal est plus élevé dans son canton.
Base légale : art. 5, 7, 8 et 9 LAFam, art. 12 al. 1 let. d OAiR, mémento AVS/AI 6.08
Pension non payée : l'aide au recouvrement et les avances
- Votre droit
- Une aide gratuite pour récupérer une pension d'enfant, et parfois des avances du canton
- Comment l'obtenir
- Adressez une demande à l'office de recouvrement de votre canton de domicile, dès que la pension n'est pas payée, ou pas entièrement.
- Où s'adresser
- L'office de recouvrement des pensions de votre canton. C'est l'office du canton où vous habitez, par exemple le BRAPA dans le canton de Vaud ou le SCARPA à Genève. Le service social de votre commune vous indique le bon office.
Si la pension fixée n'est pas payée, ou pas entièrement, un office cantonal vous aide à la récupérer. Il faut un jugement, ou une convention écrite approuvée par le juge. Pour un enfant mineur, l'autorité de protection de l'enfant peut aussi l'avoir approuvée. Pour un enfant majeur, une convention écrite suffit. Un simple accord écrit entre époux, jamais approuvé, ne suffit en principe pas. N'attendez pas : l'aide vise d'abord les pensions dues dès le mois de la demande. Pour une pension d'enfant, cette aide est gratuite. Pour une pension entre époux, elle l'est en règle générale. Tant que l'office vous aide, vous ne lancez pas vous-même de poursuite. L'office peut poursuivre la personne qui doit payer, ou demander au juge que la pension soit prélevée sur son salaire. Après au moins quatre mensualités impayées, il peut signaler la dette à sa caisse de pension. Selon le canton, il peut avancer tout ou partie de la pension, sous conditions de revenu.
À préparer :
- Le jugement ou la convention qui fixe la pension
- Le décompte des montants impayés
- La procuration d'encaissement (formulaire de l'office)
- Le nom et l'adresse de la personne qui doit payer, et de son employeur si vous les connaissez
Version juridique
Lorsque le débiteur néglige son obligation d'entretien, un office désigné par le canton aide le créancier qui le demande à obtenir l'exécution. La demande est recevable dès que la contribution n'est pas versée, pas intégralement, pas à temps ou pas régulièrement ; elle suppose un titre d'entretien (décision exécutoire ou convention écrite permettant la mainlevée définitive ; pour un enfant mineur, la convention doit avoir été approuvée par l'autorité de protection de l'enfant ou le juge ; pour un enfant majeur, une convention écrite suffit). Une reconnaissance de dette sous seing privé ne permet que la mainlevée provisoire. L'aide porte sur les contributions qui deviennent exigibles le mois de la demande et les suivantes ; l'office peut aussi aider pour les arriérés. L'aide est gratuite pour les contributions dues aux enfants et, en règle générale, pour les autres créanciers ; si ceux-ci disposent de ressources suffisantes, l'office peut exiger une participation aux coûts. Tant que dure l'aide, la personne créancière s'engage à n'entreprendre aucune démarche autonome d'encaissement. L'office peut notamment engager des poursuites, requérir un avis aux débiteurs, porter plainte et annoncer le débiteur à son institution de prévoyance. Le versement d'avances relève du droit public cantonal.
Base légale : art. 131, 131a, 176a, 287, 290 et 293 al. 2 CC, art. 3, 4, 8, 9, 10 al. 2, 12, 13 et 17 OAiR, art. 80 et 82 LP
Si votre ex-conjoint décède : une rente de survivant possible
- Votre droit
- Une rente de veuve ou de veuf de l'AVS, et parfois du 2e pilier, sous conditions
- Comment l'obtenir
- Si votre ex-conjoint décède, demandez la rente de survivant à la dernière caisse de compensation qui a encaissé ses cotisations AVS. Écrivez aussi à sa caisse de pension.
- Où s'adresser
- La dernière caisse de compensation qui a encaissé les cotisations AVS de votre ex-conjoint (s'il n'a jamais cotisé : la caisse cantonale de compensation)
Une personne divorcée peut toucher une rente de survivant AVS. Il suffit d'une de ces conditions. Avoir des enfants et un mariage d'au moins 10 ans. Ou avoir divorcé après 45 ans, après au moins 10 ans de mariage. Ou avoir eu 45 ans avant les 18 ans du plus jeune enfant. Sinon, la rente est versée tant qu'un enfant a moins de 18 ans. Votre ex-conjoint doit avoir cotisé à l'AVS pendant au moins une année entière. Si vous vous remariez, ce droit s'éteint. Le 2e pilier peut aussi verser une rente. Il faut un mariage d'au moins 10 ans et une rente accordée par le jugement de divorce. Pour un homme divorcé, les règles de l'AVS sont différentes. Sans enfant, il n'a pas droit à une rente de veuf. Avec des enfants, un arrêt du Tribunal fédéral de décembre 2024 peut lui ouvrir le droit. Demandez à la caisse de compensation quelles conditions s'appliquent à votre cas.
À préparer :
- Jugement de divorce (avec la date du mariage)
- Acte de décès de l'ex-conjoint
- Actes de naissance des enfants
Version juridique
La personne divorcée est assimilée à une veuve ou à un veuf si elle a des enfants et que le mariage a duré au moins dix ans, si le mariage a duré au moins dix ans et que le divorce est intervenu après ses 45 ans, ou si le cadet a eu 18 ans après qu'elle a atteint 45 ans. À défaut, le droit ne subsiste que tant qu'elle a des enfants de moins de 18 ans. Le droit suppose que la personne décédée compte au moins une année entière de cotisation ; il s'éteint en cas de remariage. La demande se dépose auprès de la dernière caisse de compensation qui a encaissé les cotisations de la personne décédée. Dans la prévoyance professionnelle, le conjoint divorcé est assimilé au veuf ou à la veuve si le mariage a duré dix ans au moins et qu'une rente lui a été octroyée lors du divorce en vertu de l'art. 124e al. 1 ou 126 al. 1 CC. Pour les hommes divorcés, selon le mémento 3.03 : depuis un arrêt du Tribunal fédéral du 16 décembre 2024 (sans effet rétroactif), ceux qui n'ont pas d'enfant n'ont pas droit à une rente de veuf ; pour ceux qui ont des enfants, le droit à une rente de veuf illimitée a été reconnu, et la caisse de compensation examine les conditions applicables au cas concret (notamment la durée du mariage), que le mémento ne précise pas.
Base légale : art. 23 al. 4 et 24a LAVS, art. 19 al. 3 LPP, art. 20 al. 1 OPP 2, mémento AVS/AI 3.03
Vous touchez une rente ou des PC : annoncez la séparation
- Votre droit
- Des prestations complémentaires calculées sur votre nouvelle situation
- Comment l'obtenir
- Annoncez sans tarder la séparation au service des prestations complémentaires (PC). Si votre rente AVS ou de l'assurance-invalidité (AI) ne suffit plus, demandez des PC.
- Où s'adresser
- Le service des prestations complémentaires (PC) de votre canton. Selon le canton, c'est la caisse de compensation ou un service spécial.
Les PC d'un couple marié sont calculées ensemble. Après une séparation, votre loyer, vos revenus et votre fortune changent. Vous devez l'annoncer sans tarder. Sinon, vous pourriez devoir rembourser des PC reçues en trop. Le nouveau calcul peut aussi vous être favorable. Pour les PC, vous êtes séparés si un juge l'a décidé ou si une procédure est en cours. C'est aussi le cas si la séparation dure depuis un an, ou va durer longtemps. Vous touchez une rente AVS ou AI sans PC ? Si l'argent ne suffit plus, demandez-en. Les PC sont versées au plus tôt dès le mois de votre demande : ne tardez pas.
À préparer :
- Décision ou convention de séparation
- Nouveau bail
- Justificatifs de revenus et relevés de comptes
Version juridique
Les dépenses reconnues et les revenus déterminants des conjoints sont additionnés. Toute modification importante des circonstances, comme une séparation, doit être communiquée à l'organe compétent ; les prestations indûment touchées doivent être restituées. Les époux sont considérés comme vivant séparés si la séparation de corps a été prononcée, si une procédure de divorce ou de séparation est en cours, si la séparation de fait dure sans interruption depuis un an au moins ou s'il est vraisemblable qu'elle durera longtemps ; l'époux qui perçoit une rente a alors un droit propre aux prestations complémentaires. Les bénéficiaires d'une rente AVS ou AI qui n'en ont pas encore peuvent demander des prestations complémentaires ; le droit prend naissance le premier jour du mois au cours duquel la demande est déposée.
Base légale : art. 4, 9 al. 2 et 12 al. 1 LPC, art. 3 OPC-AVS/AI, art. 25 et 31 LPGA
Retraités séparés par un juge : fin du plafond des rentes
- Votre droit
- Deux rentes AVS non réduites, sans le plafond de couple de 150 %
- Comment l'obtenir
- Envoyez la décision du juge à la caisse de compensation qui verse vos rentes.
- Où s'adresser
- Une caisse de compensation AVS. N'importe quelle caisse qui a encaissé vos cotisations AVS. La liste des caisses est sur avs-ai.ch.
Pour un couple marié, les deux rentes AVS ensemble sont limitées à 150 % de la rente maximale, soit 3 780 CHF par mois en 2026. Ce plafond est plus bas si l'un de vous a des années de cotisation manquantes. Il ne s'applique plus si un juge a décidé que vous vivez séparés. Une séparation sans décision du juge ne suffit pas. Après le divorce, le plafond ne s'applique plus.
À préparer :
- La décision du juge qui règle la vie séparée
Version juridique
La somme des deux rentes d'un couple est limitée à 150 % de la rente de vieillesse maximale (3 780 CHF par mois en 2026 pour des durées de cotisation complètes ; le plafond est moins élevé si l'un des conjoints n'a pas une durée complète de cotisation). Aucune réduction n'est prévue pour les époux qui ne vivent plus en ménage commun à la suite d'une décision judiciaire. Le plafonnement ne s'applique plus après le divorce.
Base légale : art. 35 LAVS, mémento AVS/AI 3.01
Obligé·e de travailler après la séparation : le chômage est possible
- Votre droit
- Au plus 90 indemnités de chômage, sur un montant forfaitaire, même sans 12 mois de cotisation
- Délai
- Dans les 12 mois
- Comment l'obtenir
- Inscrivez-vous à l'office régional de placement (ORP) sans attendre, au plus tard un an après le divorce, la séparation de corps ou la raison semblable.
- Où s'adresser
- L'ORP (office régional de placement). Celui de votre région. Vous pouvez aussi vous inscrire en ligne.
Après un divorce ou une séparation de corps, vous devez peut-être reprendre un emploi ou augmenter votre temps de travail. Vous pouvez alors avoir droit au chômage, même sans avoir cotisé. L'événement doit dater de moins d'un an. Vous deviez habiter en Suisse à ce moment-là. Vous avez alors droit à 90 indemnités au plus, environ 4 mois. Le montant est un forfait qui dépend de votre formation et de votre âge. Une séparation décidée par le juge sans divorce, ou une autre situation semblable, peut compter : c'est la caisse de chômage qui décide. Voir aussi le parcours « J'ai perdu mon emploi ».
À préparer :
- Jugement de divorce ou décision de séparation
- Justificatifs de votre situation financière après la séparation
Version juridique
Sont libérées des conditions relatives à la période de cotisation les personnes qui, par suite de séparation de corps ou de divorce, ou pour des raisons semblables, sont contraintes d'exercer une activité salariée ou de l'étendre, si l'événement ne remonte pas à plus d'une année et qu'elles étaient domiciliées en Suisse à ce moment. Elles ont droit à 90 indemnités journalières au plus, calculées sur un gain assuré forfaitaire qui dépend de la formation et de l'âge ; un délai d'attente spécial de cinq jours s'ajoute au délai d'attente général. La loi ne mentionne pas la séparation sans divorce ni séparation de corps : la caisse de chômage examine si elle constitue une raison semblable.
Base légale : art. 14 al. 2, 18 al. 2, 23 al. 2 et 27 al. 4 LACI, art. 6 al. 2 et 41 OACI
Revenu en baisse : faites baisser vos primes maladie
- Votre droit
- Une réduction de vos primes ; pour les enfants, au moins 80 % si vos revenus sont bas ou moyens
- Comment l'obtenir
- Déposez une demande de subside avec vos revenus actuels, sans attendre la prochaine taxation.
- Où s'adresser
- Le service des subsides de votre canton. Le nom du service change selon le canton. Choisissez votre canton pour voir le bon lien.
Après une séparation, le revenu de chacun baisse souvent. Les cantons réduisent les primes des personnes aux revenus modestes. Pour les revenus bas et moyens, la prime d'un enfant doit baisser d'au moins 80 %. Selon le canton, il faut en faire la demande.
Version juridique
Les cantons accordent une réduction de primes aux assurés de condition économique modeste ; pour les bas et moyens revenus, les primes des enfants sont réduites de 80 % au moins et celles des jeunes adultes en formation de 50 % au moins. Une séparation modifie souvent le revenu déterminant : les cantons veillent à ce que les circonstances économiques et familiales les plus récentes soient prises en considération, notamment à la demande de l'assuré.
Base légale : art. 65 al. 1, 1bis et 3 LAMal
Les annonces à faire après la séparation
- Votre droit
- Des prestations justes, sans devoir rembourser plus tard
- Comment l'obtenir
- Informez chaque organisme qui vous verse une prestation ou qui gère votre prévoyance.
- Où s'adresser
- Chaque organisme concerné
Si vous recevez une prestation, vous devez annoncer tout changement important. Une séparation en est un. Pensez à la caisse d'allocations familiales, au service des subsides ou des PC, et à la caisse de chômage. Donnez votre nouvelle adresse à votre assurance maladie : la prime dépend du lieu où vous habitez. Après le divorce, le tribunal transmet sa décision aux caisses de pension. Vérifiez que le transfert a été fait, et demandez le splitting AVS.
À préparer :
- Décision de séparation ou jugement de divorce
- Nouvelle adresse et nouveau bail
Version juridique
L'ayant droit doit communiquer à l'assureur toute modification importante des circonstances déterminantes pour l'octroi d'une prestation. Les primes d'assurance-maladie sont échelonnées selon le lieu de résidence.
Base légale : art. 31 LPGA, art. 61 al. 2 LAMal, art. 280 al. 2 et 281 CPC
Violences dans le couple : une aide gratuite et confidentielle
- Votre droit
- Conseils, aide immédiate et soutien gratuits, pour vous et vos proches
- Comment l'obtenir
- Appelez l'aide aux victimes au 142, ou rendez-vous dans un centre LAVI. En cas de danger immédiat, appelez la police au 117.
- Où s'adresser
- L'aide aux victimes (centres LAVI), numéro 142. Appelez le 142, dans toute la Suisse. Ce n'est pas un numéro d'urgence : en cas de danger immédiat, appelez la police au 117.
Si vous subissez des violences punies par la loi, physiques, psychiques ou sexuelles, vous avez droit à l'aide aux victimes. Vos proches aussi. Cette aide existe même si l'auteur n'est pas identifié. Les conseils et l'aide immédiate sont gratuits. Les conseillers sont tenus au secret. Vous choisissez le centre qui vous convient. Le numéro 142 fonctionne dans toute la Suisse depuis le 1er mai 2026.
Version juridique
Toute personne qui a subi, du fait d'une infraction, une atteinte directe à son intégrité physique, psychique ou sexuelle a droit à l'aide aux victimes, de même que ses proches, que l'auteur ait été découvert ou non. Les conseils, l'aide immédiate et l'aide à plus long terme fournie par le centre de consultation sont gratuits. Les collaborateurs des centres sont soumis au secret. La victime peut s'adresser au centre de son choix.
Base légale : art. 1, 2, 5, 11, 12 à 15 LAVI, aide-aux-victimes.ch (numéro 142)
Pas les moyens d'un avocat : l'assistance judiciaire
- Votre droit
- Les frais de justice, et parfois un avocat, pris en charge si vos moyens sont insuffisants
- Comment l'obtenir
- Demandez l'assistance judiciaire au tribunal qui traite votre séparation ou votre divorce, dès le début de la procédure, avec vos justificatifs.
- Où s'adresser
- Le tribunal qui traite la séparation ou le divorce
Si vous n'avez pas les moyens de payer une procédure, vous avez droit à l'assistance judiciaire. Votre demande ne doit pas paraître perdue d'avance. Elle couvre les frais de justice et, si nécessaire, un avocat désigné. Elle ne couvre pas les frais de l'autre partie si vous perdez. Vous devrez la rembourser si vos moyens le permettent plus tard. Demandez-la dès le début : elle ne couvre en principe pas les frais engagés avant la demande. En cas de recours, il faut la redemander. Pour la pension, la garde ou le logement, faites-vous conseiller : ce site ne traite que des assurances sociales.
À préparer :
- Justificatifs de revenus (salaire, prestations)
- Justificatifs de charges (loyer, primes maladie)
- Relevés de vos comptes
Version juridique
Une personne a droit à l'assistance judiciaire si elle ne dispose pas de ressources suffisantes et que sa cause ne paraît pas dépourvue de toute chance de succès. L'assistance comprend l'exonération d'avances, de sûretés et de frais judiciaires, et la désignation d'un conseil juridique lorsque la défense des droits l'exige. Elle ne dispense pas du versement des dépens à la partie adverse. La partie doit la rembourser dès qu'elle est en mesure de le faire. La requête peut être présentée avant ou pendant la litispendance ; l'assistance n'est qu'exceptionnellement accordée avec effet rétroactif et doit faire l'objet d'une nouvelle requête pour la procédure de recours.
Base légale : art. 117, 118, 119 al. 1, 4 et 5 et 123 CPC
Si l'argent ne suffit pas : l'aide sociale est un droit
- Votre droit
- Les moyens indispensables pour vivre dignement
- Comment l'obtenir
- Prenez rendez-vous au service social de votre commune.
- Où s'adresser
- Le service social de votre commune. Gratuit. Demandez « le service social » à votre commune.
Si vous n'avez pas assez pour vivre, vous avez droit à une aide. C'est la Constitution fédérale qui le garantit. Le service social de votre commune examine votre situation. Il vous aide aussi à demander les autres prestations. Les conditions et les montants dépendent du canton.
À préparer :
- Pièce d'identité et permis de séjour
- Contrat de bail
- Justificatifs de revenus et relevés de comptes
Version juridique
Quiconque est dans une situation de détresse et n'est pas en mesure de subvenir à son entretien a le droit d'être aidé et assisté. L'aide sociale est subsidiaire : elle intervient lorsque les autres prestations ne suffisent pas. Ses conditions et son montant sont fixés par le droit cantonal.
Base légale : art. 12 Cst.
Vous pouvez contester une décision
- Votre droit
- Contester une décision d'une caisse (allocations, prestations complémentaires, AVS, chômage)
- Délai
- Dans les 30 jours
- Comment l'obtenir
- Envoyez une opposition écrite dans les 30 jours dès la réception de la décision.
- Où s'adresser
- L'organisme qui a rendu la décision (adresse indiquée dessus)
Une décision vous paraît fausse ? Vous pouvez la contester dans les 30 jours dès sa réception. L'opposition est gratuite. Après la décision sur opposition, un recours au tribunal cantonal est possible, aussi dans les 30 jours. Les délais s'arrêtent autour de Pâques, du 15 juillet au 15 août et du 18 décembre au 2 janvier. Pour les subsides, les avances de pension ou l'aide sociale, lisez le délai indiqué sur la décision : il peut être différent. Pour une décision de l'office AI, il n'y a pas d'opposition : suivez la voie indiquée sur la décision.
À préparer :
- La décision contestée, et la preuve de la date où vous l'avez reçue
- Les pièces qui montrent votre droit
Lettre d'opposition
[Prénom Nom] [Adresse] [Numéro AVS ou référence du dossier] Recommandé [Nom et adresse de l'assurance] [Lieu], le [date] Opposition à la décision du [date de la décision] Madame, Monsieur, Je forme opposition à votre décision du [date de la décision], que j'ai reçue le [date de réception]. Je demande que [ce que vous demandez, par exemple : les indemnités me soient versées dès le …]. Motifs : [expliquez en quelques phrases pourquoi la décision est fausse, avec les faits et les documents qui le montrent]. Je vous demande également une copie complète de mon dossier. Annexes : copie de la décision, [autres pièces] Veuillez agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées. [Signature]
Version juridique
Les décisions des assureurs sociaux sont sujettes à opposition dans les 30 jours, puis à recours dans les 30 jours devant le tribunal cantonal des assurances. Exception : les décisions des offices AI font directement l'objet d'un recours au tribunal. La procédure d'opposition est gratuite. Les délais ne courent pas du 7e jour avant Pâques au 7e jour après Pâques, du 15 juillet au 15 août et du 18 décembre au 2 janvier. Faute d'agir à temps, la décision entre en force. Les décisions fondées sur le droit cantonal (réduction des primes, avances sur contributions d'entretien, aide sociale) suivent la voie et le délai indiqués sur la décision.
Base légale : art. 52 LPGA, art. 56 et 57 LPGA, art. 60 LPGA, art. 38 al. 4 LPGA, art. 10 OPGA, art. 69 al. 1 let. a LAI
S'entendre sans procès
S'entendre sur la pension, la garde, le logement ou le partage des biens, sans procès. Service privé et payant, proposé par l'éditeur de ce site. La médiation ne convient pas en cas de violence.
Ces informations portent seulement sur les assurances sociales. Elles ne répondent pas aux questions de droit de la famille : pension, garde des enfants, logement, partage des biens. Pour ces questions, faites-vous conseiller par un service juridique ou un avocat. Contenu vérifié le contre les textes officiels (notre méthode).